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dimanche 15 mai 2016

Illustrateurs, je vous aime !

Douze ans après Le Voleur de clés, chez Magnard, Maud Riemann vient d’illustrer ma série Mes premières enquêtes , dont les deux premiers tomes, Le fantôme du château et Mystère au zoo, viennent de paraître chez Auzou. Son style a évolué – Le Voleur de clés était son premier livre –, mais j’apprécie toujours autant son travail. Encore une victime de (la) Maud ! L’occasion de lui rendre hommage ainsi qu’aux 35 autres illustrateurs (à ce jour) qui ont illustré au moins un de mes textes.

Ce ne doit pas être agréable pour un auteur de voir son texte illustré par un illustrateur dont il n’apprécie pas le travail. Et réciproquement pour un illustrateur d’illustrer à contrecœur un texte qui ne le touche pas ou ne le fait pas rire. Si l’illustrateur peut décliner l’offre du graphiste qui le contacte au nom de la maison d’édition, l’auteur, lui, n’est pas toujours consulté sur le choix de l’illustrateur. Et quand il est consulté, il n’est pas toujours en position de rendre un avis négatif. Cela dépend des maisons d’édition, de l’expérience et de la notoriété de l’auteur, ainsi que des relations que l’auteur a nouées avec l’éditeur. Je ne sais pas comment aurait réagi Maya, mon éditrice chez Auzou, si j’avais eu des réserves sur le choix de Maud. Je me plais à penser qu’elle m’aurait donné gain de cause : Maya est très à l’écoute de ses auteurs. Mais la question ne se posait pas.

Pour les romans jeunesse, une fois que le texte est maquetté, l’illustrateur entre en scène et l’auteur se retire. Sauf exception, à aucun moment, ils ne seront mis en contact et amenés à échanger autour du livre. Le contact pourra s’établir plus tard, à l’occasion d’une séance de dédicace par exemple, mais pas pendant la production. On peut trouver ça dommage, frustrant, mais tout bien réfléchi, c’est peut-être mieux comme ça. Qui sait jusqu’où peuvent aller les demandes de correction d’un auteur pointilleux !?

Normalement, quelques semaines, quelques mois après que la maquette a été envoyée à l’illustrateur, l’auteur reçoit les crayonnés. Il fait alors ses remarques à l’éditeur qui les transmet, avec les siennes, au graphiste chargé de faire le retour à l’illustrateur. À moins que l’éditeur ne soit en relation directe avec l’illustrateur. L’auteur ne reçoit pas systématiquement les crayonnés. Parfois, il les reçoit trop tard pour demander les corrections qui lui paraissent pourtant indispensables.
Pas de problème pour Mes premières enquêtes : j’ai eu les crayonnés en temps et en heure, j’ai fait mes remarques à l’éditrice et Maud n’a pas rechigné à faire les corrections importantes lors de la mise en couleur.

Au-delà de Maud Riemann, j’estime avoir eu de la chance avec mes illustrateurs, jugez plutôt : Marc Boutavant, Benjamin Chaud – lorsqu’ils ont illustré mes livres, ils n’étaient pas encore les stars qu’ils sont devenus, et depuis, malheureusement, je n’ai plus croisé leur route ! Un jour, peut-être ? –, Frédéric Rébéna, Lisa Mandel, Magalie Le Huche, Laurent Audouin, Roland Garrigue, Robin, et bien d’autres… Oui, on peut dire que j’ai été gâté !


C’est avec Clément Devaux (l’heureux papa d’Anatole Latuile) que j’ai le plus collaboré : il a illustré les six tomes de ma série En avant foot ! , remis en avant à l’occasion de l’Euro 2016. Mais comme pour Mes premières enquêtes, nous avons travaillé chacun de notre côté. La seule véritable expérience de collaboration que j’ai eue, c’est avec Stéphane Nicolet lorsqu’il dessinait notre BD, Inspecteur Londubec. Un souvenir inoubliable !

Voir son texte joliment, drôlement, intelligemment illustré, cela fait partie, pour moi, des grandes satisfactions de l’auteur jeunesse. Une satisfaction qu’il paye cher, puisque l’auteur et l’illustrateur doivent se partager les droits du livre, sachant que les taux de droit en jeunesse sont déjà loin d’atteindre ceux qui sont pratiqués en littérature générale. Mais passons…

Mon petit plaisir a longtemps été d’acquérir des illustrations originales de mes livres. J’en ai acheté certaines, d’autres m’ont été très gentiment offertes par les illustrateurs. C’est un plaisir devenu rare à l’heure où beaucoup d’illustrateurs travaillent sur ordinateur, au moins pour la mise en couleur. Pas sûr de pouvoir, par exemple, me procurer une illustration originale de Maud Riemann, hélas !

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