La revue de presse
de Candy Raton

mardi 10 mars 2015

A propos d’Inspecteur Londubec

  • Un article dans Les Sentiers de l’Imaginaire par Le Korrigan

Une excellente surprise !

Malgré une couverture alléchante, certains lecteurs pourraient ne pas se plonger dans la lecture de cette première enquête de l’Inspecteur Londubec… Ce faisant, ils se priveraient incontestablement d’un album tout à la fois audacieux, original et divertissant…

L’inspecteur Londubec et son adjoint enquêtent sur une sinistre affaire d’enlèvement de nouveaux nés lorsqu’un inquiétant corbeau décide de révéler les sombres secrets des habitants de la petite ville de Trifouily (les canards ?)… Le commissaire, lui-même victime d’une dénonciation pas vraiment calomnieuse, n’est pas en reste et se retrouve mis à la porte de chez lui par sa chère et tendre après que le corbeau ait révélé ses infidélités… Dès lors l’enquête sur le corbeau devient prioritaire et il demande à ses hommes s’y consacrer toute affaires cessantes… De révélations en révélations, l’enquête de l’inspecteur Londubec s’annonce aussi difficile que dangereuse…

Très Librement inspiré du Corbeau de Henri-Georges Clouzot, La Cigogne marchait sur des oeufs est un polar parodique et jubilatoire, truffé de références (de Popeye à La Fontaine sans oublier les références aux romans noirs) et de jeux de mots qui contrastent avec une intrigue qui aurait pu être bien sombre sans les dessins faussement naïfs et enfantins de Stéphane Nicolet. Lui et Emmanuel Trédez ont semble-t-il pris un plaisir communicatif à réaliser cet album iconoclaste qui évoque les enquêtes de Canardo de Benoît Sokal (l’aspect cynique, désabusé et fortement alcoolisé en moins) ou, graphiquement, l’œuvre de Renaud Dillies (Betty blues , Bulles & Nacelle, Mélodie au crépuscule…). On a vu pire en matière de références…

Résumé Cette première enquête de l’Inspecteur Londubec est une étrange et jubilatoire surprise à consommer sans modérations… Le contraste entre une intrigue qui empreinte ses ingrédients au roman noir et un ton résolument humoristique s’avère particulièrement audacieux et pour le moins efficace…

  • Un article dans la Mare aux Mots par Gabriel

Inspecteur Londubec village de Trifouilly vit dans la terreur, des lettres anonymes apparaissent mystérieusement. L’inspecteur Londubec et le brigadier Tetdeuf mènent l’enquête. Qui peut semer la pagaille ? Qui y trouve son intérêt ? Qui en veut aux personnes visées ? Vous le saurez en lisant La cigogne marche sur des œufs.

Amoureux des jeux de mots et d’humour potache, vous allez adorer Inspecteur Londubec, La cigogne marche sur des œufs ! Ici, ça fuse ! L’éléphant qui se trompe rarement, la corneille qui bâille, la vipère qui a la langue bien pendue, le cheval qui est facteur… On joue avec les mots, les expressions françaises à quasiment chaque dialogue ! De l’humour donc, mais aussi une intrigue policière, trouverez-vous avant les enquêteurs qui est celui qui écrit des lettres anonymes ?

  • Un article dans Maman Baobab

Sale temps pour les habitants de Triffouilly. Il pleut des cordes, il pleut des lettres anonymes. Temps de chien. Et c’est pas madame Toutou, tenancière de zingue, qui va contredire le brigadier Tetdeuf ou l’inspecteur - le fameux - Londubec. Ces deux oiseaux là mènent l’enquête. Mais attention, pas n’importe comment. Jamais ils ne retirent leurs marrons du feu, jamais ils ne mettent la tête dans le sable. C’est vrai que parfois l’enquête piétine, mais à deux pattes, on va moins vite qu’à quatre et les lettres fusent, les calomnies et les fautes d’orthographe aussi. Qui en veut à qui et pourquoi ? Fâcheuse histoire mise en mots avec des jeux, des expressions prises au pied de la lettre (anonyme), retournées aussi et envoyées tout droit dans le potache. De la bonne soupe donc, pour se détendre par froides soirées d’hiver.

Pas de chien écrasé dans la rubrique consacrée mais des animaux qui se rentrent dans les plumes et dans les poils et il faut bien le dire, ça castagne un peu, sous couverture de polar, l’intrigue est arrondie par des jeux de mots à la pelle et même des alexandrins, du 12 pieds à la lettre...

C’est rythmé, pas le temps de bailler aux corneilles, efficace, pas besoin de peigner de girafe et le travail d’illustration est dense et particulièrement abouti pour servir un polar parodique librement inspiré d’un fait divers dans lequel un volatile avait fait tout un fromage de quelques histoires d’adultère. [L’affaire de Tulle (1920), repris dans Le Corbeau d’Henri-Georges Clouzot (1943)].

A découvrir ou redécouvrir dans L’inspecteur marche sur des œufs un volume qui pourrait aisément initier une série.

  • Un article dans la Cause Littéraire par Myriam Bendhif-Syllas

Les jeunes éditions du Long Bec se lancent dans le polar avec un nouveau héros, l’inspecteur Longdubec. Il a un chapeau mou, un imperméable de privé, mais surtout un bec et quel bec, digne de Cyrano ! Voici donc l’inspecteur Longdubec, un poulet droit sorti d’un Simenon croisé avec un dessin animé vrillé ; enfin un poulet oui et non, plutôt une cigogne, une vraie, une pure et dure, un mec viril. De ceux à qui on ne la raconte pas, qui cogne fort quand les circonstances l’exigent et qui cogite avec classe. Nous sommes bien dans une histoire de drôles d’oiseaux, inspirée du Corbeau de Clouzot : une histoire avec une double enquête bien menée et bien ficelée, des dessins originaux et joliment pas bien léchés. Si les jeux de mots partagés par Longdubec et son adjoint, le brigadier Tetdeuf, donnent parfois une folle envie de leur casser la coquille et si les clins d’yeux sont parfois un peu appuyés, l’ensemble est stimulant, plaisant et surprenant.

Qu’on ne cherche pas ici l’esthétique d’un Blacksad, les rimes et trouvailles d’un De Cape et de crocs, on ferait fausse route. On n’est ni dans Quai des Orfèvres, ni dans un film noir, ni dans Canardo ni dans unGeorges Frog. On est au « 36 quai des Orfraies », à Trifouilly où les bébés s’envolent et pas dans le bec d’une cigogne. « Ça fait des semaines qu’on est le bec dans l’eau ! ». Alors lorsque s’ajoutent les révélations d’un sinistre corbeau, la basse-cour est pleine et les vaillants officiers de police sombrent dans les méandres d’une enquête pleine de mystères et la ville dans la folie. On s’étripe à la boucherie du Chacal, « une vraie boucherie » ; les habitants veulent lyncher le facteur Cheval.

Une mention spéciale au commissaire Pompon, un lapin, chaud lapin, en pleine crise matrimoniale, halluciné et jovial, ainsi qu’aux gros plans, particulièrement réussis, sur les personnages, cassant la composition parfois très classique. Les revisitations de la scène du nez ou des fables de La Fontaine en cauchemar sous somnifère ou en bataille de fromages sont très bien vues également comme le dernier chant du Cygne.

Cet album s’adresse aussi bien à des lecteurs adultes qui se plairont à retrouver références et parodies, mais aussi à des plus jeunes qui riront des blagues, depuis la choucroute en boîte en mode Popeye au père Castor, et suivront une intrigue palpitante. Ce premier volet d’une série en plein envol réunit les générations et appelle à de nouvelles aventures vitaminées.

BD à partir de 10 ans

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