Ecrire

vendredi 6 mars 2015

Ecrire

Ecrire parce que l’on n’a pas d’interlocuteur.

Ecrire parce que cela fait peur.

Ecrire pour ne pas entendre la voix altérée de l’enfant qui dit "Même pas mal".

Ecrire pour faire taire l’homme qui enterre son frère en pensant : « il y a tant d’autres personnes à fréquenter ».

Ecrire pour ne pas voir les grimaces des faces grisonnantes, des corps tentant encore et encore de revivre leur jeunesse en se dandinant, en tressautant.

Ecrire pour revivre l’amour, la seule chose qui compte, ce souffle qui nous élève et nous soulève.

Ecrire pour ressentir la fidélité, la complicité, ces rebonds sur de vieux débats ou d’anciennes plaisanteries, ces clins d’œil qui unissent mieux que des phrases, qui densifient le temps et l’espace.

Ecrire pour dire le bonheur de construire des êtres à force d’interactions, de leur inculquer la tolérance, la retenue, le questionnement ; les guider sans les heurter, les conduire sans violence, le principal est là. C’est à la voix que l’attelage se dirige.

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