Et si l’on parlait des livres et de la lecture ?

dimanche 13 avril 2014

Et si l’on parlait livres et lecture ?

Pour moi, lire est une chance d’être plus libre, d’aller plus loin, de devenir un peu plus humain.

Je peux lire jusqu’au bout des ouvrages qui exigent un effort d’attention, pour peu qu’ils m’éveillent au monde, aux autres, m’invitent à en savoir plus et que j’en ressorte enrichi.

Je peux m’y reprendre à trois fois pour lire le même chapitre des Essais de Montaigne. J’ai beaucoup appris en lisant les Voyages de Champlain dont il existe maintenant une version abrégée qui se lit comme un roman d’aventures (classiques abrégés, l’école des loisirs) ou les mémoires de Jane Goodal racontant sa vie avec les chimpanzés.

Je me délecte en lisant ou relisant La Planète des singes ou L’Etrange croisade de Frédéric II (moins connu) de Pierre Boulle, La Mort est mon métier ou L’Ile de Robert Merle, L’Ecume des jours de Boris Vian, 325 000 Francs ou Beau Masque de Roger Vailland, Rouge Brésil de Jean-Christophe Rufin, Entre les murs de François Bégaudeau ou Paysages de l’insomnie de Gisèle Bienne.

En littérature de jeunesse, j’ai eu la chance de pouvoir lire Soliman le pacifique de Véronique Massenot, Le Train d’El Kantara de Jacques Delval, Vive la République de Marie-Aude Murail ou Une Poignée d’étoiles de Rafik Schami.

Mais je m’ennuie profondément à la lecture de "séries" policières, que le héros se nomme Carvalho, Pickett ou Wallander... Je sens trop comment ces livres pourraient tenir en moins d’une centaine de pages. Je repère les passages de remplissage. Didier Daeninckx a bien montré qu’un roman policier pouvait tenir en trente pages (« La Couleur du Noir » dans Rue des degrés qui évoque un double meurtre qui occuperait 200 pages dans n’importe quelle collection policière). Comme l’écrit plaisamment Henri Carlioz dans Amédée , "Certains amateurs de romans policiers ne lisent que la première et la dernière page du livre [...] ils veulent seulement connaître le drame d’origine et la conclusion de l’enquête." Quand j’écris, au contraire, j’élague. La version finale envoyée à l’éditeur fait la moitié de la version initiale. Lorsqu’un éditeur m’ai dit à propos de L’Iroquois Blanc  : "Je vous prends l’histoire mais vous m’en faites 300 pages", je lui ai répondu que je venais justement de supprimer les cent pages qu’il me réclamait. Certains l’ont bien compris. Stéphane Labbe a écrit dans L’Ecole des Lettres  : "Il y a quelque chose d’un peu québécois dans le roman de Jean-Pierre Tusseau. Cette façon en un court roman, de cartographier une existence, d’en extraire la substance en quelques croquis saillants."

J’avais beaucoup aimé Le Blues du libraire de Lawrence Block (un libraire en difficulté boucle ses fins de mois en cambriolant des appartements). J’ai lu le second et abandonné le troisième en cours de lecture. Parfois l’auteur comme Jean-Bernard Pouy a beaucoup de talent et partage la narration de son roman noir avec une vache télépathe ! Ou alors, comme dans Enterrez vos morts (ed. Flammarion Québec) de la Canadienne Louise Penny, l’inspecteur Gamache abandonne les enquêtes criminelles aux multiples fausses pistes, qui se ressemblent tant d’un livre ou même d’un auteur à l’autre, pour se lancer à la recherche de la tombe de Champlain dans la vieille ville de Québec. Dans ces cas-là, j’apprécie.

Et quand j’ai un coup de blues ? Je reprends mes BD, je feuillette Alphonse Allais dont l’humour me fait toujours sourire ou je relis sans me lasser quelques coups de gueule d’Ernestine Chasseboeuf (3 volumes chez Ginkgo et un "bestoffe" Les cent coups de sang d’Ernestine au Polygraphe.

Autres articles