Bibliographie

lundi 6 juin 2011

Brune et Jules


Brune étouffe. Vivant dans l’angoisse et la violence, elle tente de protéger ses jeunes demi-frères et soeurs des colères de son beau-père. Mais qui la sauvera, elle, des agressions et de la souffrance quotidienne ? Quand Brune rencontre Jules, l’amitié naît aussitôt, inattendue, forte, solidaire, comme une bouffée d’oxygène dans un monde froid. Jules, ce vieil homme sans-abri, au regard si doux, pourrait-il lui rendre sa joie de vivre


AVIS


"Certains adolescents n’ont pas la vie facile. C’est le cas de Brune, 16 ans, qui supporte tant bien que mal un quotidien violent et sans espoir. Et puis, elle rencontre Jules qui lui fait réaliser que pour avancer, il faut faire faire des choix, et que rien n’est jamais perdu. Roman dur, sensible, pudique. Un véritable BIJOU dont on sort bouleversé mais émerveillé" Anonyme sur Decitre

"Nathalie Le Gendre, qui est entrée en littérature avec des romans de SF remarqués et souvent primés, change ici de registre et nous livre un roman réaliste très convaincant, dans une belle langue vibrante." Catherine Gentile sur Ricochet

Prix :

  • Prix Ados en colère 2012

Un extrait


Je descends deux à deux les escaliers qui mènent au sous-sol. D’un coup d’épaule, j’ouvre la porte et empoigne mon vélo par le guidon pour l’extraire de la cave. Mon sac atterrit sur le porte-bagages. Je le sangle avec un vieux tendeur bleu et grimpe sur la selle. En sortant de l’immeuble, l’air frais s’engouffre par mon col ouvert. Je frissonne. Ce n’est pas pour me déplaire. Je ne remonte pas la fermeture éclair de ma veste jusqu’en haut. Dans quelques minutes, je vais avoir trop chaud. Un bon quart d’heure d’efforts suffit à faire remonter la température avant d’arriver au collège. Effort récompensé par la vision d’un paysage magique, changeant à tout instant : le bord de mer. Ce matin, la marée basse découvre plusieurs mètres de vases anthracite où de petites flaques d’eau logées dans les creux étincèlent d’argent sous le soleil. Des mouettes crient en rasant cette bourbe à la recherche de crabes ou de vers. Je connais ce spectacle par cœur et je ne m’en lasse jamais. L’odeur d’iode qui vous chatouille les narines de si bon matin. Le vent chargé de sel dans les cheveux. Les premiers rayons du soleil qui taquinent le bout du nez. Le chant des cornes de brume des énormes cargos qui sortent de l’estuaire pour s’engager sur l’océan et partir vers de lointaines destinations. Tout n’est que bruit, senteur, souffle. Rien ne paraît semblable d’un jour sur l’autre. Les variations du temps et des marées, vous transforment un paysage marin en un rien de temps et dès le lendemain vous vous demandez si vous êtes déjà passé par là ! La seule chose qui n’évolue pas : les voitures, vacarme agaçant, qui empestent et dénaturent ce fabuleux paysage.

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