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samedi 9 janvier 2016

Duels de livres en 2015

Les plus longs

The luminaries d’Elena Catton(traduit en français chez Buchet-Chastel),800 pages d’une narration brillante et alambiquée pour une histoire sans intérêt, et Vanity fair de Thackeray, 800 pages d’une narration élégante et datée, bourrée d’interventions d’auteur, pour une peinture satirique et moralisante de la société anglaise du début XIXème. Le format des deux éditions dans lesquelles j’ai lu ces livres résume bien mon sentiment : un pavé lourdingue contre deux petits volumes maniables et légers. Thackeray l’emporte de loin.


Les livres qui parlent de livres

La bibliothèque des coeurs cabossés de Kotaring Bivald et Mister Penumbra’s 24 hour bookshop , de Robin Sloan (traduit en français chez Michel Lafon). Ex-aequo dans l’ennui qu’ils m’ont procuré, le premier dans le style "feel good" fade et niais, le second dans le style "Da Vinci code mâtiné de Nom de la rose", compliqué et complotiste.


Les livres qui parlent d’animaux

Ma famille et autres animaux de Gerald Durrell (frère de Lawrence) et The heaven of animals (traduit chez Albin Michel) de David Poissant, plutôt aux antipodes l’un de l’autre : un récit autobiographique conté avec un délicieux humour anglais, qui m’a fait rire, et des nouvelles poignantes d’un jeune auteur américain qui m’ont fait pleurer. Ex-aequo dans le plaisir de lecture qu’ils m’ont procuré.


Les livres qui font voyager

The narrow road to the deep north de l’Australien Richard Flanagan (vient de paraître en français chez Actes sud) et Americanah de la Nigériane Chimamanda Ngozi Adichie (traduit chez Gallimard). Deux romans longs et denses qui vont et viennent entre les continents et les pays : l’Australie et la Birmanie pour l’un, le Nigéria et les USA pour l’autre. Le premier évoque une histoire d’amour brisée et les horreurs vécues par les prisonniers australiens dans un camp japonais en Birmanie durant la seconde Guerre mondiale. Dommage que les retours au présent du héros vieillissant cassent un peu l’ambiance si paroxystique du récit. Le second conte l’exil aux USA d’une étudiante nigériane, avec esprit, acuité et émotion. Avantage à Americanah , plus subtil.


Les livres hivernaux

Deux romans français contemporains (eh oui, je lis aussi, parfois, des romans français contemporains). Un hiver à Paris de Jean-Philippe Blondel et Une part de ciel de Claudie Gallay se déroulent dans le froid de l’hiver, l’un à Paris, dans la classe d’hypokhâgne d’un lycée prestigieux, l’autre dans un village perdu dans les Alpes et, si leurs intrigues sont très différentes, on peut trouver à ces récits des points communs nombreux : simplicité et sobriété de la narration (qui repose des acrobaties assez vaines des "Luminaries" par ex.), attention aux détails, analyse des relations familiales. Des romans sans esbroufe, qui n’éludent pas la violence de l’existence mais se refusent à en faire du spectaculaire. Difficiles à départager.


Je nous souhaite à tous une bonne année de lectures en 2016 !

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