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jeudi 11 février 2016

Ecrire pour les ados

Dans quelques semaines va sortir mon nouveau roman, le neuvième dans la collection ado de Thierry Magnier. Il était temps : depuis Les ailes de la Sylphide, paru en automne 2013, je n’avais pas publié de roman ado. Je crois que j’en avais marre des histoires d’ados, sans doute parce qu’à la maison je venais d’en vivre coup sur coup deux assez difficiles...
Mais après une récréation passée à écrire un roman pour enfants (Bon Zigue et Clotaire) et une tentative ( jusqu’ici restée sans succès auprès des éditeurs) pour écrire un roman pour adultes, je suis revenue à mon genre favori.

On me demande souvent, au cours des rencontres, pourquoi j’aime écrire pour les ados. Certainement pas pour des raisons mercantiles, ce ne serait pas un bon choix, vu le temps que cela me prend. Je ne suis pas sure en fait de connaître moi-même la réponse. Sans doute faudrait-il que j’explore mon inconscient, mais je pense que lorsqu’on écrit (ou qu’on se livre à tout autre travail d’expression artistique) il n’est pas forcément bon d’illuminer d’une lumière trop crue les replis obscurs de notre psyché : on court alors le risque de détruire le terreau d’où naissent nos histoires (ou nos tableaux, musiques...).
Cependant, si je ne peux donner d’explication psychanalytique à mon choix, la raconteuse d’histoires que je suis a tout de même une réponse. J’adhère tout à fait à la définition du héros qui dit que le héros d’une histoire (dans un schéma d’histoire "classique", s’entend) est le personnage qui aura le plus changé entre le début et la fin, et il est donc évident dans ce cas qu’un ado, créature en pleine mutation de par sa nature même, fait un excellent héros. Ses doutes, ses hésitations, sa fragilité, la nécessité où il se trouve de faire des choix, de se définir, en font un personnage de roman particulièrement attachant.

Les romans sont, ont toujours été pour moi, en tant que lectrice, un moyen essentiel d’apprendre à vivre, d’où sans doute le plaisir que j’ai à écrire des romans pour ados, romans d’apprentissage par excellence. Et c’est un bonheur très précieux lorsque, à l’issue d’une rencontre avec des lecteurs, l’un ou l’une s’approche pour vous dire, avec sa grâce et sa gaucherie, avec ses mots embarrassés et fulgurants, que oui, ce livre l’a aidé, un peu, à franchir une étape.

Illustration tirée du site Ado news

1 Message

  • Beau témoignage 27 février 2016 00:06, par Cécile

    J’aime bien ce témoignage, il est sincère, il sonne juste.
    C’est vrai qu’un personnage, qu’un héros est par nature en constante évolution, puisque l’histoire que nous écrivons le façonne, le pétrit. Rien ne prédit jamais son avenir, sa destinée, me semble-t-il. Nous-mêmes, auteurs (trices !), nous échafaudons une structure et quand l’écriture est lancée, le héros et l’intrigue mènent leur existence propre, n’est-ce pas ? Quitte à rajouter cinq ou six chapitres au plan initial ! Ils n’en font qu’à leur tête ! Des ados, quoi ! (sans vouloir tomber dans le lieu commun !)
    Bravo de tout cœur pour ce neuvième nouvellement né !

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