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lundi 27 octobre 2014

Entre deux livres...

J’ai rarement vécu la situation d’être entre deux projets, l’esprit désoeuvré et vacant. Depuis que j’écris, c’est seulement la deuxième fois, je pense. D’habitude, je me débrouille pour commencer à penser à un nouveau projet avant même d’avoir terminé le texte en cours, ce qui me permet d’éviter la dépression post-scriptum, mal fréquent chez l’écrivain. Mais là, il y a un blanc, j’hésite à creuser les quelques vagues idées qui me viennent, je me sens flottante...

Pour remplir ce vide, rien de tel que quelques sorties :
- Une fête du livre sympa à l’Haÿ-les-Roses, les 17 et 18 octobre. Des rencontres avec des petits CM curieux et vifs, des bibliothécaires pleines d’entrain et réactivité (elles ont eu un mois pour tout organiser !) et deux heures de dédicaces bien remplies le samedi matin en compagnie de quelques auteurs. Voilà qui m’a donné l’impression d’être efficace et occupée !

- Une soirée à l’Opéra. Cette année, je fais un effort pour sortir de ma ringardise : plutôt que d’aller voir les sempiternels Lac et Casse-Noisette de Nureyev, je fais dans la contemporain : après Pina Bausch en septembre, jeudi c’était Rain d’ Anne Teresa De Keersmaeker, que je n’avais encore jamais vu, interprété par les danseurs de l’Opéra. J’ai un peu de mal avec la musique répétitive de Steve Reich mais là, elle était jouée par des musiciens live, et parfois mon oeil glissait du plateau vers la fosse d’orchestre, où se déroulait un autre ballet de mains frappant des xylophones (enfin, je suppose, je suis totalement ignare en musique). La chorégraphie de cette pièce devenue culte est précise, complexe et raffinée et les trois danseurs et sept danseuses de l’Opéra lui ont rendu justice, faisant preuve d’une technique impeccable. Il a souvent été dit que les danseurs de Keersmaeker lui donnent une autre intensité, peut-être ceux de l’Opéra sont-ils trop "au moule" pour exprimer leur individualité et faire exister davantage des "personnages", mais j’ai tout de même beaucoup apprécié leur élégance, avec une mention spéciale pour Léonore Baulac (la danseuse qui monte, qui monte) et Letizia Galloni, dont l’énergie, la vivacité et la précision ont aimanté mon regard durant tout le spectacle. Un article très intéressant sur ce blog.. Bon, la prochaine fois, je vais voir Paquita, une espagnolade du XIX ème remontée par Pierre Lacotte, cela fera un bon antidote à ces dérives contemporaines.

- Sorties ciné multiples, aussi. Samba, très bof, malgré une Charlotte Gainsbourg lunaire comme un clown triste.
Bande de filles, qui m’a un peu déçue par rapport à Tomboy, mais tout de même très bien et qui a le mérite de nous faire découvrir une actrice remarquable. Je l’ai vu dans une salle de La Défense, au milieu de "bandes de filles" venues des cités du coin avec leurs petits frères : commentaires à voix haute, cris choqués devant les scènes d’amour (très pudiques pourtant), rires devant les larmes d’un personnage masculin…Effet surprenant.
Vu aussi Magic in the moonlight, et trouvé délicieux. Pas sans rapport avec mon article précédent "Un bon livre peut-il être optimiste ?"Avec malice et habileté, Woody nous montre combien il est stupide de croire aux belles histoires, mais combien nous aurions tort de nous en priver. Une belle métaphore de la magie du cinéma (ou de la littérature) que ce film.

Enfin deux films peu connus de Minelli, ressortis à l’indispensable Action Christine, ma salle culte à Paris : The reluctant debutante (rien que le titre, hein ?) et The courtship of Eddie’s father ("Il faut marier papa" in french). Bon, ce ne sont pas des chefs d’oeuvre, mais ils ont un charme fou, sans doute le charme de Rex Harrison et Glenn Ford.

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