Blog

lundi 26 mai 2014

Un week-end contrasté

Ben, il s’en est passé des choses, depuis vendredi !
Des événements glamour, des rencontres sympas, une fête controversée et des élections qui laissent un peu sonné...

Allez, on commence par le Festival de Cannes, tiens, paillettes, tapis rouge, stars, étourdissons-nous un peu. Mais vu que je n’y étais pas, je ne peux vous en dire grand chose que vous ne sachiez déjà : le film turc qui a eu la Palme, l’émotion de Xavier Dolan qui ne l’a pas eue, l’absence de Godard et de Julianne Moore, et le bisou de l’actrice iranienne qui a suscité l’ire des barbus de son pays.
Je ne peux vous parler que des deux films en compétition que j’ai vus.
The Homesman, de et avec Tommy Lee Jones. La bande-annonce m’avait plu, et je suis fan de westerns, je pensais donc être comblée. Le pitch était alléchant : une vielle fille déterminée et un vieux brigand doivent faire équipe pour raccompagner trois femmes rendues folles par le "wild west" jusqu’en des régions plus civilisées. Hillary Swank est superbe dans son personnage de femme indépendante et stricte qui cache sous des dehors sans faille une terrible solitude, et le destin que lui réserve le scénario est totalement inattendu (quel choc !) mais le reste du film n’est pas à la hauteur. Tommy Lee Jones en fait des tonnes dans son rôle de vieux grognon cynique, les trois "folles" ne sont guère convaincantes, et au final on s’ennuie un peu, même si on est content de n’avoir pas eu à subir un scénario trop hollywoodien.

Ensuite Deux jours, une nuit, des frères Dardenne. Là encore, le film repose sur le talent de l’actrice . Marion Cotillard incarne avec beaucoup de vérité une jeune femme qui elle, cache en revanche sous des dehors totalement fragiles (elle se remet mal d’une dépression) une force insoupçonnée. Se battant moins pour retrouver son boulot que l’estime d’elle-même et la force de vivre, l’héroïne nous entraîne dans son odyssée minuscule et parvient à lui donner une grandeur inattendue.

Finalement, entre l’Ouest sauvage et la banlieue belge, l’aventure la plus prenante n’est pas forcément là où on l’attendait, et entre les deux héroïnes, la plus fragile n’est pas forcément celle que l’on croyait.


Pour ma part mon voyage du week-end m’a conduite plus près de la Belgique que du Nebraska, puisque c’est à la médiathèque de Mons-en-Baroeul, banlieue lilloise, que j’avais rendez-vous samedi après-midi avec les jeunes de deux clubs de lecture ados, dans le cadre du Prix franco-belge "Ado-lisant" pour lequel j’étais déjà allée à Bruxelles. Trois heures qui ont passé très vite, entre portrait chinois malin, questions du trio masqué, interview et dédicaces ! Un grand merci aux bibliothécaires pour avoir si bien préparé ma venue, et bien sûr aux jeunes lecteurs passionnés qui ont fait le déplacement !


Dimanche : Fête des Mères. La tant controversée : celle de Pétain et de Moulinex, des colliers de nouilles et des bouquets obligés, celle des familles éclatées et des belles-mères. J’ai beau être consciente de la ringardise et de l’aspect commercial de la journée, pour moi elle est importante, sans nul doute parce que je ne suis pas tout à fait une mère comme les autres. Comme je suppose toute mère adoptive, je ne me sens pas à 100 % légitime, et je me crois obligée de justifier en permanence ma qualité de mère. C’est sans doute pour ça que j’en ai toujours fait des tonnes pour mes enfants (et ça n’est pas fini). Mais l’amour filial n’est pas forcément proportionnel aux efforts qu’on a pu faire. Mes filles ont su me réconforter et me rassurer en cette journée par leur tendresse et leurs attentions. J’en suis touchée, profondément.


Et pour finir, les élections :
Bon, les électeurs du FN ses sont déplacés, les autres beaucoup moins.Ce matin c’est la consternation pour beaucoup au vu des résultats. Quelques petites remarques sur les chiffres.
1°. Que les abstentionnistes ne viennent pas nous dire qu’ils ne sont pour rien dans ce résultat. C’est juste mathématique.
2°. Beaucoup pointent du doigt le PS dont l’effondrement serait la cause de cette montée des Bleu marine. Or aux dernières européennes, le PS avait obtenu 14 sièges, et il en a aujourd’hui 13 (oui, c’est de toutes façons un score très nul, on est d’accord !), tandis que l’UMP est passé de 29 à 19, et les Verts de 14 à 6. Le front de gauche s’est maintenu à 4 sièges, les centristes ont progressé de 6 à 8. Là aussi, c’est mathématique.
3°. Il y a entre 5 et 6 millions de Français qui votent FN, on le sait depuis les dernières élections présidentielles, ça n’est pas une découverte soudaine.
4°. 73% des jeunes de moins de trente ans n’ont pas voté, voilà le chiffre qui à moi me fait peur. Et je suppose que ces 73 % se fichent du résultat des élections. Je crois qu’ils ne se rendent pas compte que tout ce dont ils profitent aujourd’hui (la relative égalité des sexes, la condamnation légale du racisme et des discriminations, la liberté d’expression, le droit à la contraception et l’avortement, et bien sûr la libre circulation en Europe et les programmes Erasmus !) est le résultat de combats politiques. Les Maos excités des années soixante-dix pouvaient faire peur aussi, mais cette apathie égocentrée est encore plus désolante.

Autres articles