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jeudi 1er décembre 2016

Victor, Henriette et Montreuil

Pendant que les troupes de fans se bousculent déjà dans les allées de Montreuil à la recherche de leur auteur(e) chéri(e), que les dits auteurs se regonflent l’ego (à défaut du portefeuille) à coups de dédicaces, ou s’embêtent derrière leurs piles de livres s’ils n’ont pas la chance de faire partie des chéris du moment, moi je vais chercher du bois au hangar pour entretenir mon feu.
Hier il faisait un soleil délicieux de presque hiver, j’ai fait une longue balade dans les bois et je n’ai croisé qu’un écureuil roux qui a filé sur le tapis de feuilles de fayard, roux comme lui. Je me suis arrêtée un instant dans un petit cimetière familial dont le portail de bois tombe en morceaux et j’ai pris le temps de déchiffrer les inscriptions plus ou moins effacées par le temps. Dans un coin de mon jardin aussi, j’ai deux morts, Victor et Henriette, qui ont vécu jadis dans la maison qui est à présent la mienne. Dans cette terre protestante, chaque maison ou presque a son cimetière comme elle a sa source.

Aujourd’hui le vallon est noyé dans le brouillard, et c’est bien quand même. Je n’entends que le bruit du feu qui ronronne dans le poêle et, si j’ouvre la porte, le glouglou de la fontaine et celui du ruisseau. Demain, pourtant, je prendrai la route pour "monter à Paris" et me retrouver durant quelques jours dans ce brouhaha qui me paraît désormais si lointain. Je serai à Montreuil aussi, derrière ma pile de livres, (lundi de 15H30 à 17H30 chez Thierry Magnier, pour les éventuels fans ou copains auteurs), et un peu dans les allées, saluant au hasard des rencontres les confrères et consoeurs. Et puis je reviendrai auprès de Victor et Henriette. Le brouillard se lève, le ciel est tout bleu.

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