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lundi 6 février 2012

Zone tribale à Pithiviers

La semaine dernière j’ai passé trois jours à Pithiviers (oui, le gâteau, le camp et les roses d’André Eve). Je n’ai visité ni le camp, ni le jardin, mais j’ai mangé beaucoup de gâteaux. Et puis j’ai rencontré des classes, bien sûr, c’est tout de même pour ça que j’étais venue.

L’encrier maudit faisant partie de la sélection du Prix du jeune poisson, je me suis donc retrouvée face à plusieurs classes de sixième du collège Denis Poisson (oui, voilà la raison de cette appellation piscicole). Il y avait des années que je ne voyais que des ados, et je me suis sentie d’abord un peu décontenancée : j’avais oublié les mains qui se lèvent de tous les côtés, les questions qui reviennent plusieurs fois, la feuille sagement lue... J’avais oublié qu’en sixième on est vraiment encore du côté de l’enfance et c’était très rafraîchissant.

Après cette petite cure, retour aux ados avec une classe de troisième sympa où un petit groupe de filles en particulier a su animer les échanges dans la bonne humeur.

Mais ma rencontre la plus marquante a eu lieu avec une quinzaine de grands gaillards de première professionnelle "Maintenance des équipements industriels", autour de Zone tribale. C’était la première fois que je rencontrais une classe pour ce livre qui visiblement fait peur aux enseignants et organisateurs de prix (sauf à Vannes, où Hélène n’a peur de rien !). La prof était un peu inquiète et m’a mis la pression avant la rencontre : un jeune homme avait apparemment l’intention d’en découdre sur le sujet de l’antisémitisme et du racisme. Il s’est assis juste devant moi et le débat s’est lancé. Malgré ses idées bien arrêtées, il a su écouter et laisser la parole aux autres ; finalement la discussion s’est généralisée, l’ambiance s’est détendue. Beaucoup de choses importantes ont été dites sur la haine de l’autre, l’ouverture d’esprit et la tolérance, on a précisé la différence entre une critique et une insulte (non, "sale Noir" ou "sale Feuj", ce n’est pas une critique, c’est une insulte, et ça n’est pas acceptable), et essayé de définir ce qu’est un héros (oui, Souf est le héros de cette histoire, justement parce qu’il "se dégonfle"), le tout dans une atmosphère très attentive et concentrée. J’ai appris ensuite que ces garçons étaient surnommés au lycée "les tueurs" : une réputation usurpée ? Pour moi, en tout cas, une vraie belle rencontre.

Pour finir le séjour, le week-end avait lieu le Salon du livre de Phitiviers, où j’ai retrouvé plusieurs têtes connues : Maïté Laboudigue, le jovial Philippe Barbeau, la toujours vaillante Bernadette Després et le discret Marcus Malte, et découvert plusieurs auteurs encore inconnus de moi : Agnès Laroche, Alexis Galmot, Jo Hoestlandt, Zaü, Isabelle Chatelard, Carl Norac. L’équipe de Phitiviers, sur laquelle "règne" Marie-Françoise (aidée du prince consort) avec une bienveillance et une attention aux détails vraiment dignes de la Queen Elizabeth, allie la gentillesse des bénévoles à l’efficacité très professionnelle acquise depuis 19 ans. Le salon marche très bien, les visiteurs sont nombreux et les auteurs invités rentrent chez eux contents !

1 Message

  • Zone tribale à Pithiviers 9 février 2012 12:17, par agneslaroche.blogspot.com

    Bravo pour ton compte-rendu, nettement plus détaillé que le mien ! Très contente, moi aussi, d’avoir mis un visage animé sur ton nom.

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