Ils en parlent...

mercredi 3 février 2016

Des parents de rechange

Quelques critiques de "Des parents de rechange"

Blog la bibliothèque de Noukette- le 19 janvier 2016

A onze ans Adam a été ballotté de famille en famille avant d’atterrir dans un foyer d’accueil. Une maman morte quand il avait six ans, un papa parti quand il en avait quatre, depuis tout petit Adam n’a connu que des parents de rechange. A la mort de son père, Adam se retrouve complètement orphelin… et adoptable… Mais qui voudrait d’un adolescent de son âge..? C’est bien connu, les gens préfèrent les gazouillis d’un bébé. « La vie était vraiment mal faite, il était devenu orphelin trop tard. »

Et puis il y a cette girafe dans cette petite librairie. Une girafe en peluche qui fait ressurgir des souvenirs profondément enfouis… et pourrait bien faire basculer sa vie. Qui sait, c’est peut-être grâce à elle qu’il trouvera une vraie famille. Le sourire franc et les bras rassurants d’un papa. La douceur et le parfum fleuri d’une maman… Une maison. Un canapé moelleux où il pourrait se blottir entre des parents qui l’aurait choisi… et qu’il aurait choisis. Le bonheur lui tend les bras… Pourvu qu’il ne le laisse pas s’échapper…

Les petits romans de chez Rageot sont parfaits pour les petits lecteurs. Thématiques et genres variés proches de leurs goûts et de leurs préoccupations, couvertures et illustrations intérieures qui rassurent et attirent l’œil des plus frileux d’entre eux, pas toujours aussi légers qu’on voudrait bien le croire, ils ne font généralement pas long feu sur le présentoir des nouveautés de mon petit collège. Des parents de rechange devrait lui aussi avoir son petit succès et je m’en réjouis…

Des romans jeunesse qui abordent le thème de la famille et de l’adoption, évidemment de n’est pas nouveau. Mais Véronique Petit n’a pas choisi la facilité et apporte sa pierre non négligeable à l’édifice en faisant réfléchir les plus jeunes, l’air de rien, sur ce qui fait réellement une famille… Une intrigue originale, un héros attachant qui tâtonne et apprend de ses erreurs, et de l’amour, beaucoup d’amour… Optimiste sans être pour autant bourré de bons sentiments, crédible sans être « facile », ce petit roman a tout bon… !

Noukette

_______________________________________________

Blog "D’une berge à l’autre"- Journal d’un lecteur curieux. le 19 janvier 2016

Comme souvent avec des thématiques aussi « faciles », j’ai eu peur. Peur de la douche lacrymale, des torrents de larmes que l’on aurait voulu nous arracher devant la situation de ce pauvre orphelin. Parce que oui, Adam a perdu ses parents. Sa mère est morte quand il avait six ans, son père a quitté la maison quand il en avait quatre et est décédé quand il en avait dix. Placé dans plusieurs familles d’accueil, il a fini par échouer dans un foyer. Avouez qu’il y a de quoi sortir les mouchoirs !

Sauf que. Adam va se retrouver dans une situation pas banale. Particulièrement inconfortable. A cause d’un événement tragique dont il sera la source. Je ne vous en dis pas plus mais c’est finement trouvé. Et bien mené. Sans gros sabots, par petites touches successives. Adam avance vers son rêve de trouver de nouveaux parents avec plus de doutes que d’espoir. Il se sait sur la corde raide, il imagine le pire, se persuade que le bonheur va le fuir, une fois de plus.

J’ai aimé ce roman pour, entre autres, les interrogations qu’il porte. C’est quoi une famille ? Une question de sang ? Une question de nom ? Une question d’amour ? Adam pense qu’il est un garçon que l’on ne peut pas aimer parce qu’il n’est pas parfait. Entre manque de confiance en lui et expériences passées douloureuses, il avance, fragile, face à un avenir dont les contours peinent à se dessiner nettement.

Un roman intelligent, qui n’élude aucune question et propose une conclusion des plus optimistes sans tomber dans une facilité qui lui ferait perdre toute crédibilité. Parce que les jeunes lecteurs auxquels il s’adresse ont besoin de textes positifs sans être pris pour des crétins. Intelligent, quoi.

Jérôme

Autres articles