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samedi 5 avril 2014

Une voix en nord

Quelques critiques d’Une voix en nord

OPALIVRES- 5 Mars 2014

Marco a 8 ans. Il nous emmène dans son univers d’enfant « qui-ne-sait-pas-lire ». A l’école, le maître s’inquiète d’autant que Marco est un garçon pertinent, doté d’une voix magnifique !! « Une voix en nord » c’est le maître qui l’a dit-confie Marco à son copain Alexis -« parce que le nord c’est tout en haut sur la carte de France. Avoir une voix en nord, ça veut dire avoir une des plus belles voix de France. Avec une telle conviction et encouragé par sa mère qui chante aussi sans cesse, Marco va participer au casting de l’émission de télé « Graine d’étoile » Mais comment fera-t-il pour lire la chanson qu’il devra chanter lors de la finale ??? Dans le quotidien de sa famille, Marco découvre et comprend peu à peu que sa mère est différente des autres adultes parce que comme lui, elle ne sait pas lire et cette incapacité lui donne un statut de puérilité vis à vis de ses deux ainés Laura et David…Se pose alors un cas de conscience pour Marco : s’il apprend à lire, sera-t-il encore l’enfant de sa mère ?

Un récit à la première personne très touchant : le lecteur ressent beaucoup d’empathie pour le jeune garçon, narrateur de ce moment de vie, d’éveil aux émotions et au questionnement par l’observation des autres,

L’écriture est juste et sensible, parfaitement en osmose avec les capacités émotionnelles des jeunes lecteurs. La voix narrative de Marco est en résonance avec la lecture d’un jeune public. L’auteure excelle à traduire l’intimité des ressentis de Marco. Le ton semble d’autant plus authentique qu’elle a choisi de nous la rendre dans une langue propre à un enfant de 8 ans. A recommander à partir de 9 ans.


cdilumière overblog- 22/02/2014

Marco adore chanter mais il ne sait toujours pas lire. Son enseignant demande à sa mère de l’aider mais celle-ci préfère l’inciter à écouter de la musique. Alors que les autres élèves se moquent souvent de lui, il devient soudain la coqueluche de l’école en raison de sa participation à un concours de chant télévisuel. Mais lorsqu’on lui tend les paroles d’une chanson à apprendre, Marco voit un gouffre s’ouvrir à ses pieds.

Pris dans un conflit de loyauté, le héros ne sait plus s’il est autorisé à grandir. C’est la confrontation avec le monde extérieur qui va l’obliger à sortir de la cage où il s’était enfermé... Un très beau roman sur l’illettrisme, ses causes, ses conséquences.


L’AVIS DE RICOCHET

Marco partage avec sa mère une passion immodérée pour le chant, discipline pour laquelle le jeune garçon de neuf ans présente un véritable don. Malheureusement ce n’est pas le seul point commun que Marco et sa mère partagent. En effet, tout comme à elle, la lecture lui pose problème. Aussi, lorsqu’il décide de participer au casting organisé dans le cadre de l’émission télé « Graine d’étoile », il recourt à un habile subterfuge quand il se retrouve incapable de déchiffrer les feuilles sur lesquelles sont tapées les paroles des chansons à interpréter. Mais la débrouillardise de Marco aura ses limites et le jeune garçon se verra contraint de voir la réalité en face et d’affronter ses difficultés, afin de réaliser son rêve.

Véronique Petit signe ici un roman très touchant et drôle qui aborde, de manière originale et sans aucune commisération, le thème de l’illettrisme. Le choix d’une narration à la première personne permet à l’auteure de donner la parole à cet enfant, Marco, doué d’une intelligence et d’une sensibilité qui lui sont propres. Page après page, le jeune lecteur fera plus ample connaissance avec ce personnage qui n’a de cesse de porter un regard certes naïf, mais toujours bienveillant et sincère sur ses proches, en particulier sa mère (cette mère qui, aux dires de Mme Lenoir, leur voisine, « n’est pas finie ») ou son père qu’il n’a jamais connu (le jeune garçon se persuade qu’il n’est autre que Claude François). Cette naïveté permet à Marco de se créer un monde à lui, et partant, de mettre à distance tout ce qui pourrait être source de douleur : l’absence du père, son blocage en lecture, le regard des autres sur une mère quelque peu « décalée ». Dans ce monde que s’est créé Marco, la vérité crue est filtrée au travers de jeux de mots et de représentations incongrues qui le protègent d’une réalité froide et brutale.

Un roman « en nord », tout comme la voix de Marco, qui touchera sans nul doute, non seulement par la simplicité de ton, mais également par la profondeur de son contenu.

Hélène Dargagnon

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