Parcours

vendredi 17 septembre 2010

Les premiers pas...

Enfant, j’ai eu très peu de livres, mais beaucoup de papier blanc, dans lequel mes parents, chocolatiers, pliaient les ballotins. Du papier blanc que je remplissais de mes dessins. Comme tous les enfants, je dessinais pour raconter. Mais, à l’opposé de beaucoup de petits qui deviennent grands, je n’ai pas arrêté de dessiner. Illustrer, c’est peut-être dessiner comme un enfant : c’est pour « faire beau », mais surtout pour raconter.

Les petits pas

Lors de mon court passage aux Beaux-Arts de Toulouse, les enseignants me reprochaient à juste titre le coté trop narratif de mon travail, je me suis alors dirigée vers les arts-appliqués. Je n’ai pas développé une grande dextérité dans le dessin (je suis désolée de vous avouer que je suis une piètre dessinatrice ! ). Pas très douée pour représenter la réalité, je préfère en prélever des petits bouts : un caillou (quoi de plus beau ? ), une feuille d’arbre, un bout de tissus effiloché, un papier froissé, de l’eau ou un nuage photographié. J’insère dans mes images ces « vraies choses », comme disent les enfants, pour qu’elles amènent leur propre poésie, tout en participant au récit. Par exemple, les petites cuillères en argent dans « Le prince au petit pois » racontent la délicatesse de la princesse, etc. J’adapte ma technique à chaque nouvel album, je construis un univers particulier (couleurs, matières, dessin), pour raconter, interpréter au mieux l’histoire. Un trait commun à tous : le dessin à la plume et encre de chine. Selon l’histoire, je décide soit de suivre le trait, soit de « dépasser » , ce qui trouble beaucoup les enfants...

Les pas chassés

Depuis 1996, je travaille dans différents domaines : la communication, la presse, et l’édition jeunesse . J’édite mon premier album auteur-illustrateur en 1997 (Le rêve d’Oscar chez Frimousse). Suivent ensuite d’autres albums chez différents éditeurs, Didier jeunesse pour l’illustration de comptines populaires comme « Meunier tu dors », l’Atelier du poisson soluble pour « Les 3 petites culottes » ou « Le Loup du Louvre », Casterman pour un recueil de comptines.

Je n’ai aucune idée de ce que doit être un livre pour la jeunesse, et je me garde bien de tenter d’établir une règle (les représentants s’en chargent !). Les enfants sont tellement différents et surprenants, je pense peu à leur regard quand je crée un album, ils ne sont pas une cible, je travaille juste le plus sincèrement possible.

Mes influences en édition jeunesse sont Elzbieta, Peter Sis, Binette Schroeder. Je suis aussi intéressée par le travail de la gravure (Gustave Doré, Ambroise Paré). Je ne suis pas très sensible aux dessins trop habiles, trop maîtrisés, je préfère l’inachevé, le naïf, où le spectateur peut trouver sa place. Le cinéma m’a beaucoup influencée, je trouve d’ailleurs qu’un album est très proche d’un film : il a sa musique, sa narration, ses cadrages, ses couleurs. Mais je crois que ma principale source d’inspiration est la nature. Je travaille actuellement sur une série d’albums appelée « On dirait… » qui met en rapport l’enfant et le paysage naturel ou urbain. J’ai eu envie de m’adresser aux tout-petits car je suis devenue maman, et de leurs faire partager mon goût pour la nature. Cette étape a inévitablement changé mon regard sur l’édition jeunesse, en tant que lectrice, et en tant qu’illustratrice. Je suis encore plus exigeante sur le sens des histoires, sur la justesse des illustrations. Ma petite fille m’apprend mon métier !

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