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jeudi 12 juin 2014

À propos des prix littéraires

Bonne nouvelle, je viens tout juste de recevoir le prix Escapages (niveau CE2) pour mon livre Hercule attention travaux !, paru chez Nathan en 2012, et c’est le dessin de Robin (ci-dessous), spécialement réalisé pour la cérémonie de remise des prix, qui m’a donné envie de consacrer un article aux prix littéraires. Je ne croule pas sous les trophées, mais j’en ai reçu assez pour en parler en connaissance de cause...

Parmi les romans jeunesse que j’ai publiés, Hercule, attention travaux ! est celui qui a été le plus récompensé – pour sa première édition à La Joie de Lire (prix du Gayant Lecture, prix des Enfants de Montmorillon…) comme pour sa réédition chez Nathan (prix des Embouquineurs, prix Escapages) –, et ce n’est pas un hasard !

Je veux dire par là, que ce livre, indépendamment de ses éventuelles qualités littéraires, se prête bien à la prescription et aux sélections : c’est un récit vivant, facile à lire, découpé en nombreux chapitres et qui renvoie à la mythologie gréco-romaine. Du pain béni pour les enseignants !

Tous les romans jeunesse ne sont pas sur un même pied d’égalité face aux prix. Au risque d’enfoncer quelques portes ouvertes, pour qu’un ouvrage soit primé, il faut déjà qu’il soit sélectionné – le thème y est pour beaucoup, léger ou grave, peu importe s’il y a de la variété dans la sélection – et pour cela, qu’il soit connu des organisateurs, et donc promu auprès d’eux par la maison d’édition. Ce n’est pas le cas de tous les livres qui paraissent, loin s’en faut !

Le vote des enfants dépend lui aussi de nombreux facteurs comme le thème, la longueur et la difficulté du texte – selon les prix, Hercule, attention travaux ! a été sélectionné pour le CE2, le CM1 ou le CM2 –, la qualité des illustrations, l’humour… Des lecteurs moyens auront tendance à préférer les textes courts et « joliment » illustrés, comme le mien. Tout ça pour dire qu’un prix littéraire ne récompense pas nécessairement le livre le plus original ou le mieux écrit puisque d’autres critères rentrent en ligne de compte. J’ajoute que la qualité littéraire d’un roman, n’en déplaise aux critiques, reste subjective…

Cela étant dit, je serais malhonnête si je prétendais que le prix Escapages, qui m’a été décerné par les jeunes Castelroussins, ne m’a pas fait plaisir ou ne m’a pas flatté.

Dans un marché du livre jeunesse caractérisé par la surproduction et la « best-sellerisation », où seuls émergent quelques livres parmi des milliers de nouveautés, c’est extrêmement réconfortant pour un auteur « normal » de savoir que son livre est lu, étudié, discuté, le temps d’une année, par quelques centaines ou milliers d’enfants. Si le livre est primé, c’est que l’auteur a su toucher ses lecteurs. Voilà qui est encourageant et lui donne envie de persévérer. Il aura une petite pensée pour son éditeur qui se voit conforté dans son choix par ce prix littéraire, aussi modeste soit-il.

Les élèves ont parfois la chance de recevoir, dans leur classe ou à la bibliothèque, l’auteur en chair et en os, celui qui, cette année-là, plus que tout autre, les a fait trembler, rire, pleurer. L’auteur, généralement, ne boudera pas son plaisir, lui qui a, en cet instant, l’aura du lauréat. C’est un privilège pour lui de rencontrer ses lecteurs. Car ce sont eux qui le font exister.

Pour conclure, je joins un extrait du texte que j’ai écrit pour la cérémonie de remise des prix Escapages – allusion à la « loi des rimes » qui règne dans l’école d’Hercule –, ainsi que le dessin, particulièrement réussi, de Robin.

Après de longs conciliabules
Et de savants calculs,
Le prix est attribué à Emmanuel Machin-Bidule
pour son sympathique opsucule
sur les travaux d’Hercule.
Et maintenant, place aux bulles !

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