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lundi 15 septembre 2014

le seul auteur hispanophone au Festival America

Pour sa 7ème édition, du 11 au 14 septembre 2014, le Festival America, a invité 65 auteurs des Etats-Unis, Canada, Haïti (qui avec le Mexique et Cuba, sont les convives habituels du festival vincennois) en plus de 40 auteurs français, car le thème de cette année était « France-Amériques ».

Seul événement littéraire consacré en France aux littératures de l’Amérique du Nord, le programme du Festival America est d’une telle ampleur et diversité que personne ne serait capable d’en avoir une idée de l’ensemble. Il s’agit d’une centaine de débats, dialogues, présentations, expositions, concerts, projections… pour ne pas mentionner la résidence d’auteur et les rencontres et signatures qui ont lieu en dehors du lieu et date du festival, grâce aux partenaires fidèles que sont France Culture, Télérama ou la FNAC.

En l’absence d’autres auteurs hispanophones, j’avais la lourde responsabilité de représenter à moi tout seul toute la littérature hispano-américaine ? Non, car je n’y étais pas en tant qu’auteur cubain, mais en tant qu’auteur pour la jeunesse (détail à déplorer : les auteurs spécialisés jeunesse n’étions pas dans la liste générale... comme si, somme toute, nous n’étions pas des auteurs comme les autres), oui car il n’y avait pas d’autres livres en espagnol que les miens.

Mon agenda commença vendredi avec trois heures de rencontre avec des collégiens. En raison de la date du festival, dix jours à peine après le début de l’année scolaire, ils n’ont pu prendre connaissance que très partiellement de mon roman « La légende de Taïta Osongo ». Ceci n’empêcha pas l’échange, et même un peu de pratique de l’espagnol par le groupe de troisième du collège La Providence.

Samedi j’ai passé une bonne partie de l’après-midi à signer des exemplaires de mes livres français et d’un petit choix de mis titres en espagnol. Vers 17 heures j’ai fait une pause pour me faire interviewer, dans l’estrade situé au fond du chapiteau jeunesse, par une étudiante … qui a su me faire prendre conscience des principes d’écologie sociale que j’ai distillé dans « La légende de Taïta Osongo ».

Dans mon bilan je remarque un intéressant débat en compagnie de la franco-belge Sophie Bienvenu (auteure de romans pour adolescents y d’un roman pour adultes autour d’une adolescente), le Canadien David Bouchard (auteur de livres-diques nourris par les belles tradition de l’un de nombreux peuples autochtones, celui d’une partie de ses ancêtres) et les Étasuniens Paolo Bacigalupi (figure de proie de la science-fiction) et Delia Sherman, auteure pour adultes et jeunes avec laquelle j’ai pas mal de convergences. Par exemple, son roman “Labyrinthe vers la liberté” aborde la question de l’esclavage avec des éléments imaginaires tout comme ma “La légende de Taïta Osongo”, et tous les deux avons mis 18 ans à finir nos ouvrages (certainement, c’est un sujet complexe et douloureux !).

Je n’étais pas au Festival America seulement en tant qu’auteur, mais aussi en tant que membre d’un collectif de conteurs et autres créateurs d’origine caribéen, l’association Ti Woch qui présentait le numéro 3 de Ti-Woch magazine, un périodique pour enfants de 7 à 12 ans consacré à faire mieux connaître les cultures et territoires de culture créole. Après un premier numéro consacré à la Caraïbe, avec l’accent sur la Guadeloupe, et un deuxième consacré entièrement à la Martinique, ce troisième numéro présente Haïti à travers un conte traditionnel réécrit par la conteuse haïtienne Guédelie Viaux, un personnage historique (Jean Price Mars) et une figure contemporaine (Mimi Barthélemy), des jeux éducatif autour d’aspects divers de l’histoire, la géographie et la culture de l’île et, pour finir, un conte écrit et illustré par des enfants haïtiens. En rapport avec notre travail sur Haïti, l’illustrateur Jacques Luder et moi-même avons conduit un atelier d’illustration (au tipi, le lieu préféré par les enfants au Festival America) avec une vingtaine d’enfants qui se sont prêtés au jeu de personnaliser une version réduite de Ti-woch magazine. Pendant les quatre jours du Festival America j’ai eu l’occasion de partager avec certains de mes collègues de l’Amérique du Nord, ainsi que de connaître de l’intérieur le formidable travail de l’équipe de presque 200 professionnels et bénévoles que dirigent Francis Geffard et Pascal Thuot, avec le soutien enthousiaste de la mairie de Vincennes (avec Laurent Lafon, le maire en première ligne), le Ministère de la Culture, le CNL, les ambassades des Etats-Unis, Canada, Haïti, les conseils généraux de l’Ile-de-France et du Québec, entre autres.

En sortant du Magic Mirror (l’étonnant bâtiment éphémère qui abrite café littéraire, concerts et autres moments du festival), je n’ai pas pu me dire : A quand un festival consacrée aux littératures de l’Amérique Latine, aussi dite « du Sud » ?

Comment se contenter de voir mon continent « réduit » à la salsa, le tango, le jazz latino… ? Comment cela se fait que les littératures argentine, cubaine, brésilienne, mexicaine… qui sont pourtant si publiées et lues en France ne se voient pas assurées d’une caisse de résonance (boîte au trésor) telle que le Festival America… ?

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