Bibliographie

mardi 11 octobre 2016

JEUNESSE ETERNELLE + interview vidéo

>>>>>>> BONUS  : interview vidéo d’un récit énigmatique aux personnages intrigants.<<<<<<<




Léna, 16 ans, est atteinte d’une forme d’amnésie. Elle passe quelques journées dans un centre spécialisé, le Centre des Aigles Bleus.
Tous les dimanches, Étaine vient lui rendre visite chez Mary. On ignore quelle relation lie Léna à Étaine, mais il y a une grande tendresse entre les deux femmes.
Un jour, Étaine annonce à Léna qu’elles ne se verront plus pendant une longue période. En partant, elle remet à la jeune fille un manuscrit de sa soeur, qui était elle aussi atteinte d’amnésie.
Dès lors, Léna se plonge dans la lecture de la vie de Shanel.

À quarante ans, Shanel, cette femme énergique est en pleine remise en question : son mariage a été un échec, les romans dont elle est l’auteure n’ont pas rencontré le succès...
Un jour, elle décide de participer à un programme scientifique top secret, « Jeunesse Éternelle » dont l’objectif est d’éradiquer la dégénérescence des cellules.
Il s’agit d’une expérience très lucrative qui pourrait aider Shanel à s’en sortir. Mais au fur et à mesure que son corps rajeunit, Shanel se perd…
Est-ce la contrepartie de la jeunesse éternelle ?


AVIS (cliquez sur les liens pour la chronique complète)

"Avec Jeunesse éternelle, l’auteure livre un très beau message, à la fois triste et lumineux, plein d’espoir et nostalgique, une réflexion pertinente sur certaines dérives de notre société de consommation." Sous le feuillage

"Il y a des auteurs dont on se souvient avec un peu plus de force parce qu’on a grandi avec eux. (...) Et dans cette collection, y’avait notamment les super bouquins souvent engagés de Nathalie Le Gendre. Grâce aux éditions Bayard Jeunesse que je remercie infiniment, j’ai eu l’opportunité de me plonger dans son petit dernier, Jeunesse Eternelle et de redécouvrir une plume que j’aime. (...) J’ai retrouvé ce que j’aime chez cette auteure, à savoir son refus du roman jeunesse préfabriqué." PrettyRoseMary

"Un texte captivant et poignant. Et, même si j’ai vite compris de quoi il en retournait, je n’étais plus capable de lâcher ce livre. L’impression que plus rien autour de moi n’existait. J’étais totalement prise par ce que vivaient Léna et Shanel. (...) C’est vraiment la première fois qu’un livre de Science-fiction me touche autant. Des passages durs mais également de vrais et beaux sentiments qui apportent beaucoup de profondeur aux personnages. Ecrit dans un style fluide, captivant. Une lecture parfaite. Un énorme coup de coeur." Le Monde de Marie

"La fin du roman m’a particulièrement plu, parce que très touchante. Je n’imaginais pas du tout cette fin qui porte un beau message. L’auteure nous offre ici une belle palette d’émotions, de manière assez inattendue. C’est une belle et tragique lecture qui m’a surprise, davantage par la construction du récit et cette plume douce et mélancolique." Rêveurs et Mangeurs de Papier

"Jeunesse Éternelle m’a de suite interpellé avec son résumé. Pourtant sa couverture laissait penser que l’histoire allait être très jeunesse, mais pas du tout. (...) Ce roman qui aborde avec sincérité les difficultés qu’ont les personnes atteintes de ce genre de maladie, tant pour le patient que pour les proches." My Books (merci à Carole pour cette belle chronique)

"Des rides effacées contre des souvenirs, le lecteur assiste à l’irrémédiable déchéance d’une femme qui perd pied. (...) Jeunesse Éternelle se révèle très mélancolique, on espère jusqu’au bout un happy end. Viendra ou non, je vous laisse le découvrir." BDLL

"Ne pas vieillir, ou du moins ne pas avoir l’air vieux, n’est-ce pas le rêve de chacun ? Dans Jeunesse Éternelle, Nathalie Le Gendre explore la thématique de l’âge très présente dans le quotidien de l’homme du vingt-et-unième siècle." Entre Les Pages (merci à Pauline pour sa critique)

"De découverte en découverte, l’auteur nous entraine dans son histoire et nous happe jusqu’aux dernières révélations." ; avis complet sur Les lectures de Mylène



Les PRIX



EXTRAIT


"Léna ajusta le bracelet-balise qu’elle avait passé à son poignet gauche, enfila son pull, puis quitta la maison.
– À ce soir, ma chérie ! lui lança Mary par la porte de la véranda.
Elle traversait déjà le jardin pour récupérer, à travers champs, le raccourci vers le lac Kensico. Un passage creusé au fil des ans par les promeneurs, qui menait au Centre des Aigles Bleus.
Elle ne répondit à Mary que par un vague signe de tête. Elle tenait fermement contre son ventre, sous son lainage, un sac renfermant le manuscrit qu’elle comptait lire en toute quiétude au Centre. Là-bas, elle ne risquait rien. Personne ne viendrait lui poser de questions ni lui interdire quoi ce que ce soit. Pas comme Mary.
La piste débouchait sur le chemin longeant le lac. Léna s’arrêta, indécise. À droite ? À gauche ? Elle consulta le plan qu’elle avait elle-même dessiné – beaucoup moins encombrant qu’une carte.
À droite.
Parfois, elle arrivait à se remémorer la route à prendre. C’était une petite victoire sur son imbécile de cerveau.
Il lui suffisait maintenant d’avancer tout droit sur mille deux cents mètres. Pourtant, elle devait se forcer à ne penser qu’à son but ; le nez au vent, elle se déconcentrerait rapidement et se perdrait.
(...)
Léna embrassa le parc d’un regard circulaire.
La plupart des enfants et adolescents, un badge les identifiant bien visible sur leur poitrine, profitaient de la douceur du soleil printanier, avachis sur des bancs, jouant au ballon ou allongés sur la pelouse. Tout était paisible. Trop paisible pour Léna. Elle n’avait lié aucun contact avec les autres patients, et, à part les heures durant lesquelles elle participait aux tests et aux divers exercices pour renforcer ses neurones, elle s’ennuyait.
Léna épingla son badge à son vêtement, puis elle foula l’herbe encore un peu humide de rosée sur une vingtaine de mètres, pour s’asseoir le dos contre l’écorce rugueuse de l’arbre le plus gros et le plus éloigné de la bâtisse.
Son arbre.
Un hêtre vénérable, un tortillard de près de trois cents ans, à la ramure généreusement fournie et étagée.
Une fois installée, Léna soupira d’aise. Le stress du trajet diminuait autant que sa concentration, et c’était un délice de laisser enfin voguer son esprit, le visage levé vers le ciel cotonneux. Elle adorait contempler les moutons ouatés qui y dérivaient. Elle aurait tant aimé s’y blottir pour y trouver la paix.
– Coucou !
Léna sursauta et se tourna vers l’intruse.
– Ça va ? Tu fais quoi ?
Elle fronça les sourcils, tentant de se souvenir de cette crevette pas plus haute que trois pommes qui, vu sa taille, ne pouvait être dans le Centre que pour rendre visite à quelqu’un.
– Rien.
– Cool !
– Myrtille ! Tu peux venir, s’il te plaît ? héla une femme en blouse blanche.
– Tu veux bien être ma maman ? demanda soudain la fillette, ignorant la requête.
– Hein ?
– Ben vi, j’ai plus de maman, pi tu lui ressembles !
– Myrtille !
– Dis oui… s’te plaît, s’te plaît, s’te plaît !
Sa voix chevrotait, et ses grands yeux verts s’étaient embués.
– Mais…
– Myrtille !
L’infirmière se trouvait à un mètre d’elles. Elle s’approcha encore jusqu’à poser une main sur l’épaule de la gamine.
– Bonjour, lança-t-elle, s’adressant à Léna avant de se tourner vers Myrtille. Nous sommes ici pour visiter ton nouveau centre. Tu reviendras plus tard discuter avec…
Elle s’interrompit pour lire le prénom collé sur le vêtement de la jeune fille.
– Léna.
– Elle veut pas être ma maman ! gémit la petite.
– Tu as déjà une maman. Elle n’est plus là, mais…
– Ah bon ? Chic ! J’ai une maman ! J’ai une maman ! scanda joyeusement Myrtille en sautillant sur place, sans plus rien écouter.
Alors que la femme secouait la tête d’un air las, la gamine se pencha vers Léna et lui claqua une bise sur la joue.
– À tout à l’heure, maman, chuchota-t-elle au creux de son oreille.
Elle se redressa, examina les alentours et arqua les sourcils avec une moue innocente.
– On est où ?
– Aux Aigles Bleus. Le nouveau Centre. On va le visiter ?
– Oui, oui, oui !
Léna les regarda s’éloigner, abasourdie : cette nouvelle patiente ne pouvait pas avoir dix ans !
Elle griffonna le prénom Myrtille dans son carnet ainsi qu’une description physique de la fillette. Elle imaginait que, de son côté, la petite l’aurait vite oubliée. Elle ferma les paupières pour tenter malgré tout d’imprimer le visage de Myrtille dans son esprit. Ses grands yeux émeraude, ses longs cheveux roux coiffés en deux nattes qui encadraient ses traits fins, à la manière de Laura… Laura ? Qui était Laura ?
Les globes oculaires de Léna s’agitèrent, sa bouche se crispa.
Laura Ingalls, héroïne et auteur de La petite maison dans la prairie.
Ce souvenir fugace était si vieux qu’elle en frissonna.
Comment pouvait-elle voir la silhouette d’une enfant vivant au temps du Far Ouest alors qu’elle ne se souvenait même pas de son petit déjeuner ?"

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