Blog

lundi 23 novembre 2015

Réconfort

Je viens de passer quatre jours à Aubagne, pour le festival « Grains de sel  », et j’en suis revenue bien réconfortée.
J’avais pourtant une certaine réticence à m’y rendre, non pas que j’angoissasse à l’idée de prendre RER et TGV, je suis trop rationnelle (la probabilité d’être prise dans un attentat restant, malgré les circonstances, beaucoup plus faible encore que celle d’être victime d’un crash en montant dans un avion…) et trop optimiste (ne jamais penser au pire, tel est mon credo) pour ça. Mais il fallait s’arracher à l’espèce d’hébétude triste dans laquelle nous ont plongés les événements de ce sinistre vendredi 13, se forcer à aller vers les autres, parler, être enjouée, et je n’en avais pas vraiment envie.
Heureusement, l’accueil charmant des organisatrices du festival m’a vite rendue à ma nature habituelle, qui me porte plus au bavardage et à la rigolade qu’au ruminement. Il leur fallait du courage, à tous ces organisateurs qui tiennent la manifestation à bout de bras, pour réorganiser les rencontres perturbées par l’état d’urgence, et convaincre le public d’être au rendez-vous. La municipalité les soutenait heureusement dans leur volonté de maintenir le festival, et il aurait été dommage en effet de devoir s’en priver. Tout était très bien : des rencontres scolaires bien préparées et riches, en particulier dans deux classes de 4ème motivées par une prof dynamique et bienveillante, des repas conviviaux dans les petits restaus de la ville, en compagnie d’une brochette d’auteurs fort sympas, un salon animé. Quel plaisir pour moi de faire enfin la connaissance de Susie Morgenstern, Brigitte Smadja, Elisabeth Brami, Hubert ben Kemoun, Nathalie Novi, qui n’étaient pour moi que des noms, et de retrouver Alex Cousseau, Benjamin Chaud, Antonin Louchard, Brigitte Labbé, Mimy Doinet et d’autres encore qui me pardonneront de ne pas les citer. Quel plaisir aussi de se balader dans les ruelles d’Aubagne, de voir le soleil se coucher sur le cirque dominé par le Garlaban, de parcourir le petit marché de Noël tout juste ouvert qui ne vend QUE des santons (production locale n° 1). Quel réconfort de voir les gens arriver nombreux sur le salon, les enfants feuilleter les livres avec curiosité, les sourires rebondir des allées aux stands, comme une affirmation qu’on était bien, là, tous ensemble.

Regonflée par cette bonne ambiance, j’ai même réussi à travailler dans le train et à l’hôtel pour remanier mon prochain roman, dont voici en avant-première mondiale et galactique le titre : « N’y pense plus, tout est bien  » (oui, il est pas mal question de Bob Dylan, dans cette histoire) et le projet de couverture :

Autres articles